Lausanne (FR), JazzOnze+ Festival, ICP Orchestra

Compagnons du festival dès ses débuts: le percussionniste Han Bennink est venu à JazzOnze+ en 1988, 1992 et 1997, le pianiste Misha Mengelberg l'a rejoint en 1992. Nous nous devions de renouer avec ce compagnonnage hollandais si longtemps interrompu. Si l'ICP sera présent avec neuf de ses fidèles musiciens, Misha Mengelberg ne sera pas là. Atteint dans sa santé, il ne peut malheureusement plus se produire avec le groupe. Néanmoins son influence a été et sera toujours partie intégrante d'un orchestre que lui et Han Bennink ont fondé en 1967 (il y a presque cinquante ans). La plupart des membres actuels de l'ICP font partie de l'orchestre depuis une décade et plus. Chacun d'entre eux a contribué à l'évolution du groupe par ses compositions, arrangements ou autres apports sonores qui fait de cet orchestre un objet unique par sa longévité et par la collectivité qui s'est formée. A côté des quatre compositions de Misha, Ab Baars, Michael Moore et Tristan Honsinger ont contribué au répertoire actuel. D'anciens standards de Duke Ellington et de Count Basie complètent celui-ci et contribue à ancrer l'histoire dans le son de l'orchestre.

Hormis ces caractéristiques, quelque chose de magique et de particulier distingue cet ensemble, il balaie une large variété d'influences et de genres: musique de dessins animés ou de cirque, mélodies traditionnelles à la sauce hollandaise, vieux style, swing, standards du jazz moderne avec beaucoup de tours, détours et rebondissements tels que solos, petits sous-groupes en section et irruptions free quand vous vous y attendez le moins et cependant cette diversité n'empêche pas les mélodies de couler de la plus majestueuse des façons. Chaque membre de l'orchestre est un maître quelque soit son instrument. En solo, il en tire des merveilles.
De plus, les arrangements bizarres et astucieux ainsi que le comportement frisant bon la loufoquerie des musiciens – mentionnons une paire de vocalistes hilarants juste trop bons pour qu'on n'y croie – donne la touche d'humour surréaliste désirée.

Un concert jubilatoire qui vous fera découvrir une face trop cachée du jazz européen.